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« Russie stoppe surveillance ONU sur Corée »

Vendredi 29 mars, la Russie a défendu sa décision de mettre fin au système de surveillance des sanctions de l’ONU contre le programme nucléaire de la Corée du Nord. Cette action audacieuse a été approuvée par la Chine, mais a été vivement critiquée par les États-Unis et ses alliés, qui accusent une complicité entre Moscou et Pyongyang.

Depuis 2006, le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé des sanctions à la Corée du Nord en raison de son programme nucléaire, qui ont été intensifiées à plusieurs reprises en 2016 et 2017. Depuis 2019, la Russie et la Chine, insistant sur la situation humanitaire en Corée du Nord, demandent un allégement de ces sanctions sans restriction de durée.

Les Russes, n’obtenant pas satisfaction, ont ciblé le comité d’experts chargé de surveiller l’application de ces mesures, dont les rapports sont référencés. Malgré plusieurs reports du vote pour permettre des négociations, la Russie a opposé son veto jeudi à une proposition de résolution visant à prolonger le mandat du comité pour un an. La proposition a obtenu treize voix en faveur, tandis que la Chine s’est abstenue.

Selon le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kuleba, ce veto est en réalité une « admission de culpabilité ». Il ajoute que « Moscou ne dissimule plus sa collaboration militaire avec la Corée du Nord (…) ni l’usage d’armes nord-coréennes dans la guerre contre l’Ukraine ». De la même manière, Matthew Miller, porte-parole du département d’Etat américain, a vivement critiqué l’action de la Russie, affirmant qu’elle « sape cyniquement la paix et la sécurité mondiale, simplement pour favoriser un échange corrompu avec Pyongyang, principalement en terme de d’armement ».

L’envoyé russe auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia, a défendu la perspective de son nation en affirmant que, vu la situation actuelle, on ne voit plus l’utilité du comité, qui met l’accent sur « des sujets non pertinents qui ne correspondent pas à l’ampleur des problèmes que traverse la péninsule ». Il a proposé au Conseil de sécurité de réévaluer le système de sanctions. « S’il existait un consensus pour un renouvellement annuel des sanctions, le rôle du comité d’experts serait justifié », a-t-il expliqué. La Chine soutient sa proposition. « La situation actuelle dans la péninsule coréenne reste tendue et l’application indiscriminée de sanctions ne résoudra pas le problème », a déclaré vendredi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Selon les États-Unis et leurs alliés, y compris la Corée du Sud et l’Ukraine, le veto russe est vu comme un incitant pour la Corée du Nord à continuer à éviter les sanctions internationales, comme le détaillait le dernier et final rapport du comité d’experts de l’ONU.

Dans ce rapport de six cents pages publié au début de mars, les experts ont noté que la Corée du Nord continue de « violer les sanctions du Conseil de sécurité », notamment en poursuivant son programme nucléaire, en lançant des missiles balistiques, en enfreignant les sanctions maritimes et les quotas d’importation de pétrole. Le comité a également signalé qu’il avait commencé à enquêter sur « des informations » indiquant que la Corée du Nord a « exporté des armes conventionnelles et des munitions» en violation des sanctions, en particulier vers la Russie.

« C’est comme détruire des caméras de surveillance »/

Dans une déclaration du ministère sud-coréen des affaires étrangères, Séoul a décrit le veto de la Russie comme une « décision irréfléchie ». L’ambassadeur sud-coréen à l’ONU, Joonkook Hwang, a déclaré qu’il n’y avait aucune justification pour l’élimination des superviseurs du régime de sanctions. Il a comparé cette action à la destruction de caméras de surveillance pour éviter d’être surpris en faute.

Barbara Woodward, l’ambassadrice britannique à l’ONU, a affirmé que ce veto n’est pas une expression d’inquiétude pour le peuple nord-coréen ou les effets des sanctions, mais plutôt une opportunité pour la Russie de violer les sanctions dans sa recherche d’armes pour l’utiliser contre l’Ukraine.

L’Union européenne a déclaré que cela représente une tentative de dissimulation de transferts d’armes illégaux entre la Corée du Nord et la Russie. Cela aura des conséquences sévères sur la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité et sur la réponse aux actions déstabilisatrices de Pyongyang, et cela compromettra le système mondial de non-prolifération.

Les États-Unis, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni ont ensemble condamné le fait que la Russie a maintenant utilisé son veto pour fermer deux comités d’experts, en raison de ses liens militaires croissants avec ces gouvernements, faisant également référence à la situation au Mali.

En effet, en soutenant Bamako en août dernier, la Russie avait bloqué une résolution qui aurait prolongé le mandat des experts qui avaient livré des conclusions sévères contre la junte malienne et ses « partenaires de sécurité étrangers ».

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