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Lyon attaque judiciairement deux géants chimiques

La ville de Lyon engage une bataille juridique contre les entreprises Arkema France et Daikin Chemical France, deux acteurs industriels basés dans la « vallée de la chimie », située au sud de la célèbre cité gauloise. D’après Le Monde, la municipalité, dirigée par l’écologiste Bruno Bernard, a déposé une demande en référé le mardi 19 mars, auprès du tribunal de Lyon. L’objectif est de requérir une expertise judiciaire détaillée pour établir scientifiquement la contamination de l’eau par des PFAS. Ces composés per- et polyfluoroalkylés sont fréquemment employés dans l’industrie chimique, en particulier dans la production de matériaux résistants à la chaleur.

Cette procédure civile vise à identifier la vérité, le déroulement, l’étendue et l’origine de ces « polluants éternels », engendrés par les activités industrielles présumées des deux entreprises. « Il est probable que les environs de la « vallée de la chimie » constituent la partie la plus polluée d’Europe par les PFAS. Jusqu’à maintenant, les industriels soutiennent respecter strictement les règles, en affirmant que leurs produits de substitution sont inoffensifs. En somme, ils nient toute responsabilité. Cependant, je souhaite que le fardeau de la preuve leur soit imposé. Respecter les règles est important, mais pas suffisant. Ils se doivent de démontrer que leurs produits ne constituent pas une menace. S’ils se trouvent derrière ce colossal problème de santé publique, ils devront rendre des comptes », déclare Bruno Bernard, le président des écologistes de la métropole de Lyon.

La métropole de Lyon a suggéré la création d’un panel d’experts dans son action en justice préparée pendant plusieurs mois par son département juridique et un cabinet d’avocats. Ce groupe d’experts, incluant des ingénieurs chimistes, des spécialistes de l’environnement, des hydrogéologues, des hydrauliciens, se concentrerait sur l’exploration de la dissémination des polluants dans la nature, en particulier dans l’eau.

Bruno Bernard a déclaré que la métropole, qui a repris la gestion de l’approvisionnement et la distribution d’eau potable, a la responsabilité d’intervenir si des pollueurs mettent en danger ce bien essentiel. Le syndicat intercommunal Rhône-Sud, rassemblant trente-et-une communes proches de la « vallée de la chimie », a rejoint la métropole dans cette démarche.

Après la diffusion d’un documentaire sur France 2 au printemps 2022 révélant la présence conséquente de PFAS dans l’environnement, plusieurs recherches ont confirmé ces inquiétudes. En janvier 2024, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a fait savoir que l’eau potable de 166 000 résidents de la région Auvergne-Rhône-Alpes avait des niveaux de PFAS supérieurs au seuil de référence européen. Par conséquent, les cinquante communes touchées ont dû modifier leur approvisionnement en eau, soit en filtrant les substances chimiques dans leurs installations de traitement, soit en se connectant à d’autres réseaux d’eau.

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