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Précarité exacerbée par monoparentalité aux Antilles

Malgré sa façade modeste et légèrement délabrée, un bâtiment d’un étage situé aux environs de la résidence La Liberté, une petite cité HLM dans la localité de Ravine Touza, constitue un point de repère crucial dans le quartier de Schœlcher. Schœlcher est une ville d’environ 19 000 résidents située en banlieue de Fort-de-France. À l’intérieur de ce bâtiment, on trouve un grand espace lumineux et récemment rénové, subdivisé en plusieurs salles colorées. Ces salles sont remplies de jouets, de dessins d’enfants et de mobilier pratiquement neuf, ce qui ravit les plus jeunes. Ce lieu abrite une structure d’accueil pour les enfants et leurs parents, mise en place par la caisse d’allocations familiales (CAF).

Manuela Quitman, qui supervise la Maison de la petite enfance de la mairie de Schœlcher, qui partage cet espace avec la structure d’accueil de la CAF, inaugurée en 2019, résume ce dispositif comme un espace dédié à la parentalité. Cet endroit est ouvert à toutes les familles, qu’elles viennent de Schœlcher ou non. Les parents y trouvent un moment pour se reposer et passer du temps avec leurs enfants, ce qui lui apporte une grande satisfaction, explique-t-elle.

Un nombre important des familles qui fréquentent ce lieu dirigé par Mme Quitman sont des familles monoparentales. Selon les données les plus récentes, présentées dans une étude intitulée « Couples – Familles – Ménages en 2018 », parue en juin 2021 et réalisée par l’Insee, il apparaît que 42,4 % des familles en Martinique et 41,5 % des familles en Guadeloupe sont monoparentales. De plus, cette tendance est en augmentation dans les deux départements, avec une hausse respective de 3 et 5 points en Martinique et en Guadeloupe au cours des dix dernières années.

La plus récente étape de l’étude « Migrations, famille, vieillissement », accomplie par l’Institut national d’études démographiques et dévoilée en juin 2023, mettait en évidence que 60 % des enfants nés en Guadeloupe et Martinique entre 2005 et 2009 « auront vécu une phase prolongée de monoparentalité » avant leur onzième année.
Ravine Touza, le centre d’accueil, ne s’efforce pas de définir les divers ensembles familiaux qu’elle accueille, cependant, les divergences finissent inévitablement par surgir. « Les différences les plus saisissantes sont d’abord financières. Par la suite, c’est cette fatigue liée au rôle parental », explique Manuela Quitman, en choisissant soigneusement ses expressions.
Soutiens de la caisse d’allocations familiales
La première chose que mentionne Stéphanie (son prénom a été modifié), c’est précisément ces moments de fatigue profonde. « Je manquais de soutien pour gérer les nuits », se rappelle cette femme de 33 ans, mère d’un garçon de 5 ans. Bien qu’elle travaille 35 heures par semaine dans une entreprise agroalimentaire, elle ne se plaint pas de sa situation.
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