×
google news

« Deux perspectives sur l’art de rue à Rennes et à Paris »

« L’art du graffiti trouve son essence dans l’utilisation de l’encre en aérosol. La présentation « Aérosol, une origine du graffiti » au Musée des Beaux-Arts de Rennes se concentre sur les décennies pendant lesquelles l’outil discrètement maniable, la bombe de peinture en aérosol, a gagné sa place dans les coutumes des villes, établissant ainsi ce mouvement en France au début des années 1980. Initialement utilisée pour des travaux ménagers courants dans les années 1950, cette « peinture à un coup de bouton » a été réinventée. L’expo offre 280 modèles de bombes aérosols, introduits par une brève chronologie, proposant ainsi un point de départ original et jamais vu, suivi par une seconde section orchestrée par l’artiste et historienne de l’art, Camille Gendron, axée sur les possibilités artistiques de la peinture pulvérisée avec des travaux graphiques à l’appui.
L’exposition nous emmène ensuite dans les rues de Paris, exposant les premières utilisations de la bombe aérosol, sans intention artistique : pour des slogans, des revendications ou des inscriptions humoristiques. Ce phénomène a pris de l’ampleur avec Mai 68 et son afflux d’inscriptions politiques et de pochoirs, touchant toutes les causes au cours des années 1970. En même temps, certains artistes se tournent vers cette forme d’expression vernaculaire, notamment au sein des nouveaux réalistes, comme Raymond Hains qui collecte des affiches avec des inscriptions, tandis que d’autres comme André Cadere, Ben ou le pionnier de l’art urbain, Zlotykamien, adoptent l’utilisation de la bombe aérosol dans le paysage urbain. »

Le graffiti ayant été utilisé comme moyen de promotion par le rock et le punk rock, des groupes comme Diesel sont connus pour avoir tagué leur nom à travers Paris. Epsylon Point, guitariste du groupe Les Araignées du soir, est devenu une figure marquante de la culture graffiti, tout comme l’artiste Miss.Tic, proche des groupes Béruriers noirs et Porte-Mentaux. En 1981, le groupe britannique, The Clash, a invité l’artiste de rue new-yorkais, Futura 2000, sur scène durant un concert à Mogador, marquant ainsi la première présence d’un graffeur américain en France.

L’exposition explore les origines de cette influence américaine dans le monde du graffiti, depuis les premiers articles de presse jusqu’aux premiers livres de photographie. Cependant, le véritable tournant est intervenu avec le New York City Rap Tour, une tournée mondiale de 1982 qui a parcouru des villes comme Paris, Lyon, Metz, Belfort, Mulhouse, Strasbourg, Londres et Los Angeles. Ce tour a consolidé la présence du graffiti dans la culture hip-hop, aux côtés du rap et de la breakdance.

Vers le milieu des années 1980, différentes formes artistiques commencent à émerger, notamment parmi les pochoiristes tels que Blek le Rat, Jef Aérosol et Miss.Tic. Cependant, d’autres artistes sont tombés dans l’oubli, tels que Captain Fluo, Marie Rouffet, Surface Active. Parmi ceux qui pratiquent le graffiti à la bombe en freehand (à main levée), on trouve Epsylon Point, les VLP, ainsi que Costa qui s’enfermait la nuit dans les corridors du métro afin d’altérer les publicités avec des dessins et des phrases humoristiques.
Pour accéder à l’intégralité de cet article, il faut être abonné, il reste 41.36% à lire.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Lire aussi

example 826
Culture

« Sélection Albums: Schmitt, Caldérini, Scott, Cohen, Meryl »

12 juillet 2024
Alain Altinoglu, chef d'orchestre renommé, continue de prouver son affinité pour la musique française à travers son nouveau travail avec Florent Schmitt (1870-1958), compositeur sous-estimé mais incontestablement significatif du début…