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« Croissance des métiers logistiques en désindustrialisation »

La ville de Denain, dans la région du Nord, a été un pilier de l’industrie de la sidérurgie pendant de nombreuses années, avec l’établissement de la première fonderie en 1839. Au milieu du XXe siècle, Usinor, une des principales entreprises de l’industrie, représentait approximativement 15% de la production d’acier en France et fournissait un emploi à près d’un tiers de la population de Denain. Cependant, l’espace de 100 000 mètres carrés laissé vacant par Usinor après sa fermeture en 1988 sera désormais utilisé pour les entrepôts de logistique, sous la marque du Danois Maersk. L’annonce faite en mai entraînera la création de plusieurs centaines de postes. En effet, des millions de paquets pour des géants de l’e-commerce, tels qu’Amazon qui compte déjà environ 6 000 employés dans la région, y passeront.

Ce changement n’est cependant pas isolé à Denain: les Hauts-de-France, une région qui a durement ressentie la désindustrialisation, est maintenant la principale région logistique de France, avec plus de 103 000 employés en 2020, soit plus de 8% de l’emploi total de la région, suivant les données fournies par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

« À l’échelle nationale, les travailleurs de la logistique sont aussi nombreux que ceux de l’industrie. Et dans certains endroits, comme les zones urbaines, la logistique a supplanté l’industrie », certifie Nicolas Raimbault, un chercheur en géographie à l’université de Nantes.

Selon France Logistique, le secteur de la logistique en France, y compris les entrepôts et le fret et passagers, fournit 1,8 million d’emplois, en comparaison avec 3,3 millions dans l’industrie. Les chiffres de 2018 de la base de données Subwork montrent que les emplois en entrepôt s’élevaient à 785 000. Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, suggère que l’augmentation actuelle de l’emploi industriel pourrait être attribuable en partie au secteur logistique qui s’est infiltré dans tous les domaines.

Le secteur de la logistique, notoire pour ses horaires inhabituels, emploie surtout des travailleurs non qualifiés. En effet, un travailleur sur quatre dans ce secteur n’a pas de diplôme ou seulement un brevet des collèges, selon des données récentes de la Direction de la recherche, des études et des statistiques. Les salaires y sont généralement inférieurs à ceux de l’industrie, et il y a moins d’opportunités d’avancement.

D’après M. Raimbault, les travailleurs manuels et les travailleurs immigrés ont de fortes chances de trouver un emploi dans le secteur logistique, souvent comme étape après avoir travaillé dans le secteur de la construction. Pour ces groupes, ce secteur peut représenter une étape vers l’emploi régulier.

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