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Entretien avec Emmanuel Coursier

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Combien de personnes sans abris accueillez-vous chaque jour ? Nous servons 550 assiettes par soir en moyenne, nous avons 432 lits dont 90 pour le Samu social un peu plus de 300 autres par abonnement pré réservé pour toute la saison, il n’en reste qu’une trentaine pour les personnes de passage.
Disposez-vous de places suffisantes pour faire face à la demande ? Malheureusement non, une dizaine de sans-abri sont renvoyés vers d’autres structures ou si vraiment il fait très froid nous acceptons qu’ils passent la nuit dans la salle télé sur des chaises.

La plupart du temps, ils préfèrent passer la nuit sur une chaise plutôt qu’être redirigés vers un autre centre d’accueil.
Comment expliquez-vous justement que les sans-abri préfèrent majoritairement La mie de pain à d’autres centres d’accueil parfois plus proche de leur lieu de passage ? Il y a-t-il une meilleure prise en charge ? Je crois que la raison principale vient du fait que La mie de pain ne demande pas les papiers, accueille les femmes et les hommes et surtout que l’on propose des casiers fermés où ils peuvent déposer leurs affaires ce qui n’est pas le cas partout.

De nombreux SDF préfèrent dormir dehors plutôt que prendre le risque qu’on leur vole le peu d’affaires qui leur reste.
Sans oublier le fait que nous disposons d’agents de sécurité qui surveillent les dortoirs et empêchent les agressions, qui demeurent avec les vols, les principales causes du refus d’aller en centre d’hébergement.
Il y a eu une évolution dans le public que vous accueillez ? Oui effectivement, il y a une féminisation des sans-abri et également un rajeunissement.
Il y a une dizaine d’années encore il y avait très peu de femmes.
Aujourd’hui, leur nombre est en constante augmentation.
De plus, une grande partie des personnes que nous accueillons chaque soir est salariée, il y a des électriciens, des maçons, des techniciens.
Comment l’expliquez-vous ? Je crois qu’il n’y a pas de réelle volonté politique d’éradiquer ce problème social qu’est la crise du logement.
L’association existe depuis 120 ans et elle affiche tous les soirs complet c’est dire le peu d’évolution.

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