×

Casseurs à Saint-Denis: le gouvernement sous les critiques

Les violences qui ont commencé dans l'enceinte du lycée Suger, se sont poursuivies dans le centre-ville de Saint-Denis

Crédit AFP/Archives – By CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Le gouvernement s’est retrouvé mercredi, en pleine campagne présidentielle, sous le feu des critiques de la droite et du Front national, au lendemain d’incidents à Saint-Denis pour lesquels 54 jeunes étaient toujours en garde à vue.

Après des incidents aux abords du lycée Suger, situé dans le quartier réputé difficile du Franc Moisin, des jeunes s’en étaient pris aux policiers et avaient commis des dégradations dans cette ville de Seine-Saint-Denis.

Cinquante-cinq jeunes, dont 44 mineurs, avaient été placés en garde à vue mardi pour « violences volontaires », « attroupement armé » et « incendie volontaire ». Un mineur a été relâché, a précisé mercredi une source judiciaire.

« Il y a quelque chose de brisé dans notre République », a lancé François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle.

Il a dénoncé « une véritable émeute, suivie d’une guérilla urbaine dans les rues ». « Cette situation n’est pas tolérable. Moi je ne la tolérerai pas! »

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse (LR), qui s’est rendue sur place, a annoncé que la région allait porter plainte. Elle a « renouvelé » sa demande au ministre de l’Intérieur « de protéger les abords des lycées franciliens, qui depuis plusieurs semaines sont le théâtre d’incidents violents ».

La candidate du Front national à la présidentielle Marine Le Pen a, elle, critiqué « une réaction minimale » du gouvernement.

« Le Premier ministre est sans doute trop occupé à faire campagne contre ma candidature pour se soucier de ce qui se produit dans le pays! », a-t-elle accusé, appelant à « restaurer l’ordre républicain et reconquérir les territoires perdus de la République ».

Bernard Cazeneuve lui a répliqué en mettant en garde « ceux qui cherchent à exploiter » ces violences « inacceptables » à « des fins électorales ».

« Ils n’ont comme objectif ni la justice ni l’ordre, mais au contraire de provoquer et d’entretenir le désordre », selon le chef du gouvernement.

– ‘Une digue semble avoir sauté’ –

Les violences ont débuté mardi matin par des jets de fumigènes dans l’enceinte du lycée, a expliqué une source proche de l’enquête. L’établissement a été évacué dans la foulée.

« Quatre-vingt à 100 jeunes » ont alors pris la direction du centre-ville, selon une source policière. Sur leur chemin, « ils ont caillassé des policiers, incendié des poubelles et détruit du mobilier urbain », a expliqué une autre source.

« Une digue semble avoir sauté (avec) l’introduction de la violence non plus seulement sur le parvis des établissements mais à l’intérieur des établissements », a estimé sur BFMTV la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, disant sa volonté de continuer à renforcer la « sécurisation » des établissements.

Condamnant auprès de l’AFP des « événements inadmissibles », le maire PCF de Saint-Denis, Laurent Russier, a toutefois appelé à ce que les gardes à vue ne soient pas « un moyen de punition ».

Il devait recevoir des familles des jeunes gardés à vue en fin d’après-midi.

Le syndicat de lycéens FIDL a lui aussi « tiré la sonnette d’alarme » sur le placement en garde à vue « de lycéens mineurs depuis plus de 24 heures ».

Le premier syndicat des proviseurs, le SNPDEN-Unsa, s’est alarmé de « graves dérives, dont le caractère chronique et l’escalade régulière (…) menacent les communautés éducatives d’un drame ».

En toile de fond des violences de mardi, « des reliquats de l’affaire Théo », du nom du jeune homme victime d’un viol présumé avec une matraque lors de son interpellation le 2 février à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ont expliqué des sources policières. « On a pu entendre quelques slogans du type +vengeance pour Théo+ », a rapporté l’une d’entre elles.

Mardi, trois autres jeunes avaient été placés en garde à vue après des incidents devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis et devant le lycée Voltaire à Paris.

Ces dernières semaines, des heurts ont éclaté aux abords de plusieurs lycées à Paris et en région parisienne, lors de rassemblements contre « les violences policières ».

Avec AFP


Contacts:

Laisser un message de réponse

300

Contacts: