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Attentat déjoué avant la présidentielle: les deux suspects présentés à la justice

Crédit FRENCH POLICE/AFP/Archives - By Handout

A quelques heures des résultats du premier tour de la présidentielle, Clément Baur et Mahiedine Merabet, suspectés d'avoir projeté un attentat "imminent" en pleine période électorale, ont été présentés dimanche à la justice en vue de leur mise en examen par un juge antiterroriste.

Avec leur arrestation mardi à Marseille, la menace terroriste a fait irruption dans la campagne électorale, bouleversée de surcroît jeudi par une nouvelle attaque jihadiste au cours de laquelle Karim Cheurfi, un Français de 39 ans, a tué de sang-froid sur les Champs-Elysées un policier, portant à 239 le nombre de morts dans la vague d'attentats qui a frappé la France depuis 2015.

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert dimanche une information judiciaire sur l'attentat déjoué, notamment pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes, acquisition, détention, transport d'armes et d'explosifs. Il a requis le placement en détention provisoire des deux suspects.

Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, avaient vu leur garde à vue prolongée samedi de manière exceptionnelle au-delà des 96 heures. Cette mesure est possible lorsque les investigations font craindre une menace d'attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale.

"Mahiedine Merabet a exercé son droit au silence face aux enquêteurs. Clément Baur s'est un peu plus exprimé. Mais tous deux contestent un projet précis d'action violente", a rapporté une source proche de l'enquête.

"Aussi méfiants que déterminés", ils se préparaient à agir "de manière imminente sur le territoire français", avait informé mardi le procureur de Paris, François Molins, à la tête du parquet antiterroriste.

Un important arsenal a été découvert dans l'appartement marseillais loué par Clément Baur: un fusil-mitrailleur, deux armes de poing, des sacs de munition, trois kilos d'explosifs de type TATP, dont une partie prête à l'emploi, et une grenade artisanale.

- Véritable laboratoire -

L'habitation avait été transformée en véritable laboratoire: tenues de chimistes, seringues, doseurs et sacs de boulons ont été découverts, ainsi que de l'acétone, de l'eau oxygénée, de l'acide sulfurique et des balles de ping-pong. Tous ces éléments entrent dans la composition du TATP, un explosif artisanal souvent utilisé par les jihadistes. Une caméra portable équipée d'un harnais a aussi été saisie.

"Les investigations n'ont à ce stade pas mis en lumière de cible précisément désignée", selon la source proche de l'enquête.

Un plan de Marseille accroché au mur de l'appartement et l'instabilité des explosifs laissent penser qu'ils entendaient passer à l'acte dans cette ville ou ses environs. Compte tenu de l'importance de l'arsenal découvert, l'une des hypothèses des enquêteurs est que plusieurs attaques étaient envisagées.

Les enquêteurs, qui ont lancé des investigations à l'international, s'attachent aussi à déterminer l'origine de l'arsenal.

Clément Baur était connu pour être proche d'islamistes tchétchènes au contact desquels il s'est converti à l'islam radical en 2007 à Nice.

Incarcéré pour usage de faux documents, le jeune homme a partagé pendant 40 jours la cellule de Mahiedine Merabet début 2015. Selon son entourage, ce délinquant multirécidiviste se serait radicalisé à cette époque au contact de son cadet.

En mars 2015, des proches de Clément Baur avaient signalé sa disparition inquiétante et ses velléités de départ en Syrie.

Multipliant les alias, les téléphones et les cartes bancaires prépayées, les deux hommes ont déjoué les recherches. Celles-ci s'étaient intensifiées après l'interception le 12 avril par les services de renseignement d'une vidéo d'allégeance au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

L'enregistrement montrait un pistolet mitrailleur de type UZI, un drapeau de l'EI, des dizaines de munitions disposées pour écrire "la loi du talion" et la une du journal Le Monde du 16 mars, où figurait le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon.

Les responsables de la sécurité de plusieurs candidats avaient alors été alertés de la dangerosité des deux suspects, dont des photos avaient été distribuées.

Avec AFP

   
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